Le Choix du non-Choix

19 septembre 2011
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On confond souvent le non-choix avec l’inaction. Mais le choix n’est pas nécessairement le choix de l’action. Même si tout choix est acte, pratique, il n’implique pas nécessairement un autre–acte (comme conséquence du choix). Ce n’est pas l’action qui fait le choix et donc pas l’inaction qui fait le non-choix.

Dans l’ordre de la Liberté, le non-choix n’est pas l’absence de décision, mais le choix de l’option qui laisse ouverte le plus de choix possibles. Faire un choix – quel qu’il soit – est toujours réduire sa liberté en se refusant l’accès aux autres choix. La pratique du non-choix est la pratique qui privilégie la liberté sur tout autre critère du Bien. Mais l’acte qui privilégie la liberté, dans le même temps, accepte tous les critères du Bien comme Bien. Car renier un Bien diminue toujours la Liberté dont on dispose.

A l’inverse, comment considérer un choix sans liberté comme un véritable choix ? Un choix contraint n’est pas un choix, mais un calcul. C’est parce qu’il y a liberté de choix qu’il y a choix. La Liberté est toujours première devant le choix et la liberté ultime ne nécessite plus aucun choix, car tous les choix lui sont possibles – même les choix impossibles, l’impossibilité du choix ne pouvant être qu’une restriction à la Liberté-. Ce n’est pas la liberté qui demande le choix, mais le choix qui demande la liberté comme condition ontologique.

Le non-choix n’est pas nécessairement « ne pas choisir », car ne pas choisir est un choix, le choix du non-acte-de-choix. Mais si ne pas choisir est parfois considéré comme un Mal, alors le non-choix peut être une solution pour sortir du dilemme, car il évite la résolution manichéenne par la création d’une 3eme voie que l’on peut voir comme un choix en elle-même, même si elle laisse « à pratiquer » chacun (ou le plus) des choix précédents.

Le non-choix est également une sortie du calcul probabiliste et du dictat majoritaire qui en est souvent la pratique. Car, du point de vue de la Liberté, il n’y a pas de raisons si évidentes de choisir systématiquement la probabilité la plus forte – même si elle est très élevée –. Même une probabilité infinitésimale peut être l’option du Bien. L’option du non-choix sera de laisser ouvert les contraires le plus longtemps possible et d’opter (ou de créer) le choix qui le permet.

Le non-choix préfère le réversible à l’irréversible. Et toujours un choix qui peut être défait devra être favorisé. Car la Liberté se pense non pas seulement dans l’ici et le maintenant, mais dans l’immanence. L’Homme est sujet à l’Erreur, il se doit de prendre en compte cette Erreur possible et sa correction éventuelle. Rien de définitif ne peut être dans son domaine de compétence. Car si l’Homme ne peut jamais être responsable de ses choix qu’en tant qu’il est libre de les faire (ce que jamais il ne peut démontrer), il est toujours coupable des choix qui mènent vers ce qu’il sait ne pas être le Bien (la Valeur de la hiérarchie qui mène à ce que doit être l’Homme).

Il n’est pas plus d’Hommes bons que de choix bons, ils ne sont que dans un Monde donné. Et pas plus l’Homme que le choix ne peuvent se donner comme bons au Monde.

Dire « je ne sais pas » n’est pas avouer une ignorance, mais ouvrir la porte à un apprentissage possible. C’est le premier pas vers la possibilité de « Transformer le Monde » et la sortie de l’aliénation d’un Savoir Dogmatique.

Car si le choix conduit de la cause à la conséquence, le non-choix est « pas encore cause » mais pas sans conséquences. L’ouvert aux choix possibles – et aux choix encore impossibles – entraine la Liberté comme conséquence. (Là où le choix demande la liberté comme cause). Parmis les choix laissés à l’ouvert, peuvent advenir des choix qui ici et maintenant sont impossible et qui deviendront possibles. Le non-choix prenant toujours le chemin de l’optimum de choix à venir, il minimise les voies qui se ferment et que l’on aurait prises. Mais toujours la liberté s’en trouve augmentée.

Si le Destin est pavé de nos choix, la Liberté l’est de nos non-choix.

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