L’élection démocratique ?

7 mai 2012
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Il est souvent affirmé que le vote est l’expression suprême de la Démocratie, ce qui fait de l’Élection son acte ultime. La Démocratie – le pouvoir du peuple – aurait donc pour telos de sortir du Peuple un individu pour lui donner le pouvoir ?

La pratique du pouvoir par un seul, que ce soit comme représentant du Peuple, ou de Dieu, ou d’une élite, est une pratique Monarchique, or un gouvernement peut être monarchique, aristocratique ou démocratique, mais pas simultanément. Si tel était le cas, la Démocratie, aurait comme but ultime de se faire disparaître, puisqu’elle tendrait à donner le pouvoir à un seul. Cela semble bien contradictoire.

L’individu, n’est jamais déterminé comme citoyen d’une manière automatique. La citoyenneté est une pratique en la Loi qui identifie l’individu comme appartenant ou n’appartenant pas à la cité. Le fait de vivre en la cité, d’y être né ou de vouloir en être, ne suffit pas. Seule la Loi peut déterminer qui sera ou ne sera pas Citoyen.

Si  cette détermination en la Loi qui fait la République et le citoyen, peut se satisfaire de l’Élu, et le revendiquer, elle ne peut contraindre le Peuple et la Démocratie, à en faire autant.

La République peut être compatible avec la Démocratie, mais ce n’est pas obligatoire. L’Élection, clairement, la contredit. Une République Démocratique ne peut se satisfaire de l’Election, ni d’aucun représentant du Peuple – à moins que ce Représentant ne soit qu’une simple « courroie de transmission » de la volonté du Peuple, mais il faudrait alors qu’il n’ait aucun pouvoir en propre et que jamais il n’ôte par sa pratique du pouvoir à ce Peuple -.

Ce qui pose problème, ici, n’est pas le mode de désignation de l’Elu, mais l’existence même de cet Elu, comme hors du Peuple. Même, s’il était désigné à l’unanimité, il n’en resterait pas moins hors du Peuple.

La monarchie qu’elle soit absolue, constitutionnelle ou parlementaire ne peut être un mode de gouvernement de la Démocratie. C’est l’évidence pour les monarchies absolues qui centralisent le pouvoir sur un seul sans discussion possible et pour les monarchies constitutionnelles qui font de même, bien qu’elles restreignent ce pouvoir. Mais c’est également le cas pour les monarchies parlementaires dont le monarque à au moins le pouvoir de nommer le gouvernement, pouvoir que le peuple n’a donc pas.

La centralisation du discours – et du pouvoir attenant – sur le héros / héraut contredit la Démocratie et sa pratique. Si la qualité de la Démocratie dépend d’une personne (monarque ou héros), alors la société correspondante n’est pas démocratique. Suffrage universel ou non, l’Election est une forme de défiance envers le Peuple.

On entend souvent le Peuple se plaindre que ses Représentants ne le représentent pas (ne vivent pas la même vie, ni ne partagent les mêmes valeurs), mais le véritable problème est qu’il ne peut y avoir de représentants en Démocratie, et que l’option pragmatique qui affirme que l’on ne peut donner la parole à tous en Démocratie (car c’est « techniquement infaisable ») est une tromperie. Soit nous ne sommes pas en Démocratie, soit la parole et le choix de tous est possible.

Et la question n’est pas de l’existence de contre-pouvoir, car en Démocratie, il n’y a pas de contre-pouvoir au Peuple qui est entièrement et ultimement souverain. Pas plus qu’elle n’est de la pratique de l’intérêt commun, car ce n’est pas le but qui fait la Démocratie, mais le moyen : la décision du Peuple.

C’est seulement par une confusion entre la République qui est une forme de l’Etat et la Démocratie qui est une forme de gouvernement que se posent ces questions.

La Monocratie ne peut être Démocratique quelque soit son mode de désignation.

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