Le Secret est toujours l’affirmation d’une faiblesse, l’affirmation que l’usage par l’autre de l’information ne pourra être empêché et que cet usage sera nuisible. Il est une forme de contrainte, d’usage de la force : Une pratique qui empêche la pratique de l’Autrui.
Le Secret s’oppose à la Vérité comme partage, car la Vérité bien plus qu’une « adéquation de la pensée au Monde » est « partage du Monde avec l’Autrui ». Le « retrait au Monde de la chose », retire à la chose son « sens en Monde » qui est l’essence de Vérité. Il ne peut ainsi y avoir de « préservation de la Vérité » par la mise en secret. Il s’agit seulement d’une préservation d’un pouvoir par retrait de la puissance de l’Autre.
La Démocratie comme pratique du peuple, ne peut privilégier celle d’un individu ou d’un groupe sur celle d’un autre. Elle ne peut donc permettre à l’un d’empécher la pratique de l’autre.
Moi donc l’Autre, est le premier terme de la Démocratie, affirmation de la Liberté. La liberté ne peut admettre le Secret comme pratique et tout ce qui pratique le Secret renonce à la Démocratie.
En Démocratie, si l’un peut tous peuvent… comme un.
Tous comme un, tel est le deuxieme terme de la Démocratie, c’est le sens du mot égalité, mot qui ne siginifie pas identité. L’égalité ne dit pas le même, mais « le même valeur ». Ce n’est pas la chose, l’elément du Monde, qui est identique, mais son poid dans une hiérarchie donnée. Or la connaissance de l’échelle de valeur, non plus, ne peut être retirée sans perdre la Démocratie. Et la Démocratie ne peut être par intermittence, une fois là, une fois absente. Une fois perdue, l’unité en peuple disparue, il faut la constitution d’un nouveau peuple pour en ramener la pratique : Un peuple qui croit en la pratique de ces valeurs. La Démocratie est une pratique continue qui demande la continuité du peuple qui la pratique. L’identification d’un peuple à un peuple passé comme étant le même peuple est toujours halluciné, une construction.
Moi comme l’Autre est le troisième terme de la Démocratie. La Fraternité est empathie. Véritable sens du mot amour tant galvaudé. L’Autre comme moi-même, la prise en compte du désir de l’Autre non pas avant ou plus que mon propre désir, mais… à égalité. Aussi, seule la fraternité admet le Secret, acceptation de la faiblesse de l’Autre et du désir de ne pas en profiter pour prendre l’ascendant. Le Secret admis par la Fraternité est le Secret réciproque, l’affirmation que dans le Vécu de l’Autre, il y a des choses à ne pas savoir : l’affirmation d’une vie privée.
Ainsi, le Secret est-il toujours incompatible avec la Démocratie… Sauf quand il est demandé par l’Autre pour lui éviter de savoir.