C’est la pratique du donné-sans-donation qui permet à la non-philosophie de ne pas être dans l’auto(-donation), et donc de ne pas être autosuffisante. La non-philosophie demande pour sa pratique une posture où le Réel est donné-sans-donation puis, mais dans le même geste (on aurait pu dire simultanément si la notion de temps avait un sens ici, mais ce n’est pas le cas), la philosophie est donnée en Réel.
Le donné-sans-donation n’est pas tel parce qu’incompris (ni logiquement ni autrement), le donné-sans-donation est donné sans mixtes.
Le donné-sans-donation n’est l’objet d’aucune analyse possible (ou impossible). Il est ce qui est le plus radicalement loin des opérations de causes et de causalité. C’est « la donnée radicale en tout état de causes ». S’il n’est pas objet de questions, c’est qu’il n’est pas objet (ob-jet, jeté devant à la façon d’Heidegger), qu’il ne peut qu’être pratiqué « tel que donné ».
C’est un geste qui retire toute possibilité de cause au donné ou plutôt ce qui est donné-sans-donation n’a aucun rapport à la cause. Il n’y a aucun donneur, aucun receveur, aucune action de donation ou de réception. C’est l’absence des mixtes donné - donation qui permet d’éviter le plis de l’auto.