Radicale indique l’identification de l’extrémité. Que cette extrémité soit racine ou branche.
Comme l’immanence est ce qui reste en lui-même, l’immanence radicale est la condition ontologique de l’immanence. C’est alors ce qui permet l’identité, ce qui sans que son altérité soit Autre permet la différence, ce qui immobile permet le mouvement. C’est la pratique « pure », la pratique en pratique. Et la pratique en pratique est l’autre nom du Réel.
L’extrémité n’est pas nécessairement extrême, elle est même le plus souvent très ordinaire. La majorité des racines sont très ordinaires, mais sans en faire un plat, elles n’en restent pas moins très comestibles par la non-philosophie.
La radicalité de l’immanence ne lui permet pas d’être autre qu’elle-même tout en étant pratique de la différence. Pratique d’un matériau qui donne un (autre) matériau, un matériau nécessairement autre de par la donation mais radicalement en identité de par l’immanence.
Le matériau pratiqué en immanence radicale est identité (du) monde, et quand il est dit par la philosophie, il est décision : identité de l’identité et de la différence.
La décision ‘fait’ fait, il ne s’agit pas d’une décision de fait, mais d’une décision en fait, c’est par ses décisions qu’une philosophie particulière donne son identité et le jugement –avec lequel elle est souvent confondue- n’est pas que de valeur, mais nécessite pour sa pratique plusieurs décisions dont certaines sont des valeurs (des décisions sur des décisions).
Si la décision est objective (objet jeté devant, matériau), scientifique (preuve et renouvelabilité de la preuve (trouvée dans le texte philosophique)), elle n’est pas indiscutable ! Tout comme la science elle-même qui revendique la discutabilité de toutes ses affirmations (et affirme se différencier en cela de la Religion).
La décision est le matériau philosophie, il n’est en tant que tel absolument pas le titre exclusif de la non-philosophie !
La non-philosophie revendique, en revanche, pratiquer toutes les décisions : si, par exemple, un matériau « la philosophie est un abus de pouvoir » est donné, il s’agit pour la non-philosophie d’une décision qui n’a - seule - aucune valeur de Vérité, mais qui permet de générer des items non-philosophiquement qui auront une apparence philosophique (mais toujours sans valeur de Vérité même si en Réel). Rien n’empêcherais d’ailleurs de pratiquer un matériau « la philosophie n’est pas un abus de pouvoir » et d’en tirer d’autres conclusions non philosophiques. Le choix des décisions est « toujours » une affaire de philosophe et de philosophie non de non-philosophie. Cependant les items générés par une décision de type « la philosophie est un abus de pouvoir » rend un son pour l’oreille du philosophe (non celle du non-philosophe) plus proche de ce que philosophiquement on appellerait une vérité.
(Dire que la non-philosophie est pour rien dans la décision n’a pas beaucoup de sens, on pourrait tout autant dire qu’elle n’y est « pour » personne mais « en personne » ! L’Homme en personne étant un autre nom du Réel…)