21st jan, 2008

Le Monde, les mondes, l’Un et le multiple

« L’existence précède l’essence » nous dit J.P. Sartre, le vécu prime le Monde comme « décisions et pratiques » - la-philosophie -.

« Le Monde est « donné-sans-donation en Un » dans le même geste que l’Un (c’est-à-dire sans priorité ou précédence de l’Un sur le Monde) » est ce que nous dis la non-philosophie.

Pour le non-philosophe, l’existence n’est pas ex-siste : un « être en dehors du Réel », ni même un « être en dehors du Monde ». Dire que « a » existe, c’est dire que si l’on liste toutes les identités en Monde, une – au moins – d’entre-elles correspondra à « a ». Inversement si aucune identité en Monde ne correspond à « a » alors « a » n’existe pas.

L’existence nécessite la définition préalable de la Vérité – car le Monde existe « en Vrai » -, mais la Vérité ne peut être « l’adéquation de l’idée au Réel », puisque le Réel – immanence radicale – est irreprésentable, indésignable comme Réel « dans sa totalité » et qu’une représentation partielle laisse alors toute sa place à l’hallucination, à l’erreur et à la tromperie.

L’existence ne peut donc précéder le Monde et pourtant le vécu-en-Un prime le Monde puisqu’il peut y avoir une « pratique en Réel du Monde ». Mais la non-philosophie montre que c’est seulement parce que la primauté n’est pas la priorité et que les deux sont donnés-sans-donation dans le même geste.

Pourtant une question reste encore, lorsque nous disons « le-Monde » et particulièrement « Le-Monde-en-Un », voulons nous dire par là que le Monde est unique ?

Le Réel – immanence radicale – est irreprésentable et donc indénombrable. Si nous le qualifions d’Un, c’est qu’il est identité et non qu’il est unique – même si la confusion est facile - :

De même que le-Monde - la-philosophie - est la désignation « des philosophies » dans leur multiplicité car elles peuvent toutes etre identifiées comme « décisions et pratiques » et que le non-philosophe désigne comme « Philosophie » tout ce qui à la forme de la décision, l’Un – le Réel – est identité (pas « l’identité de », juste identité radicale, vécu, pratique radicale), il n’y a pas plus de sens à dire l’Un unique que multiple.

Si nous filons la métaphore cardiaque du « cœur vivant qu’est la philosophie », il ne faut pas oublier que physiquement le cœur est double et métaphoriquement bien plus que « double ». Dans le même sens, le Dieu catholique est un et trinitaire dans un même mouvement, aussi comme irreprésentable, il ne s’oppose pas a l’indénombrable, mais aux légions, à l’in-fini qui bien que dénombrable ne cesse jamais d’être compté.

Le-Monde est en identité identifié comme décisions et pratiques, mais chaque pratique « une fois chaque fois » de cette identification détermine un des mondes qu’est le-Monde.



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[…] que ce que montre le chiffre, n’est plus le nombre, mais le-Monde - la-philosophie -. Et que le-Monde s’il peut toujours être connu, plonge en Réel, lui, radicalement […]

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